Bandit de grand chemin

Les nouvelles règles de confinement sont tombées, brutales et sanguinaires elles n’épargnent personne.

Vous les français vous n’êtes pas sérieux, pourtant depuis dix jours le gouvernement martèle que vous devez vous enfermer. Mais voilà que fleurisse dans nos villes une foule de petits joggeurs. Dérogations obligent, vous « aviez » effectivement le droit de ressortir votre jogging Adidas des années 90, afin de vous dégourdir les jambes.

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Arnaque, triche, fourberie…

Au premier coup d’œil il était pour moi évident, que pour nombre d’entre eux, ce survêtement terni n’était qu’une tenue de camouflage.

Les indices foisonnent, même Hercule Poirot alcoolisé, drogué et sans moustache avait compris la supercherie.

Tout commence par ce gentil monsieur qui passe en bas de chez moi, avec un pas lourd et peu assuré pour un sportif mais décryptons les indices.

Le survêtement, d’accord il s’agît d’une tenue adaptée, mais celui-ci était quand-même porté par les coureurs Kenyans dans les années 80.

Petit calcul rapide, deux lavages par semaine, soit 104 lavages par an, pendant 30 ans, ce qui donne 3120 passages en lessive. Hercule Poirot confirme mon calcul et ma conclusion, votre survêtement à perdu trois tailles, il a quatre jambes et six bras.

Deuxième exemple la petite dame sur la piste verte, audacieuse et calculatrice. Plus maline, son équipement est aux normes, survêtement moderne, taille parfaite, même la paire de chaussure fluo s’accorde avec la couleur de la capuche. Alors examinons de plus près, en me plaçant à ses côtés et en adoptant la position du poirier, sur une main.

Stupéfiant elle est totalement incapable de me suivre, et je la distance sans souffrance, pas crédible vous me direz chacun peut courir à la vitesse qu’il souhaite, admettons. Hercule Poirot lui-même à un doute.

Poursuivons notre analyse. Trainant au bout d’un fil de pêche, j’aperçois une espèce de morceau de chien pas plus gros qu’une souris anorexique et lui alors il est censé courir plus de vingt secondes sans faire une crise cardiaque. Tromperie évidente. Pire notre charmante joggeuse, s’autorise même le luxe de sortir son portable afin de refaire son tour de lèvres dans le reflet de son écran.

 Hercule Poirot vient de chopper le virus, il ne peut donc malheureusement pas confirmer ma conclusion, qui est que les joggeurs sont bien des « bandits de grand chemin ».

 Moi, petit français honnête et sans histoire, je décide de lire attentivement les règles de confinement. J’ai l’impression de souscrire une nouvelle assurance, mais je veux être dans les règles.

« Papa, papa il fait grand soleil, allons faire un tour dans la forêt » (pendant que le loup y est pas, oui certes mais le virus lui ??). Il s’agît de ma fille pour ceux qui n’avait pas capté.

La gamine est insupportable,  enfermée depuis trois jours, elle renverse mon château de cartes toute les dix minutes (je m’occupe comme je peux !). Bon père que je suis, je décide alors de relire en détail les différentes règles du confinement. Formidable nous pouvons sortir jusqu’à 1 km autour de la maison. Je m’empresse de remplir soigneusement mon attestation de déplacement dérogatoire en cochant la case concernée, naturellement.

« Papa 1km ça va jusqu’où ? ».

Ils sont chiants parfois les gosses, vous faites tout pour être dans les règles, et eux ils font tout pour vous en faire sortir.

Comme je suis un bon père (j’aime bien ça), et que ma fille adore quand j’ai des bonnes idées (j’ai pour modèle Indiana Jones), je décide de mesurer 1km de ficelle, qui déterminera notre point de retour.

« Papa tu es génial !» là je suis une star (mais pas pour longtemps).

La vache 1km de ficelle ça commence à être sérieusement long en réalité, nous pourrons jamais marcher une telle distance. Bon finalement après avoir tondu un troupeau de moutons je me retrouve avec ma ficelle de 1km, que j’attache soigneusement au lampadaire situé juste devant notre immeuble.

Je maîtrise pas trop la tonte encore.

Il est 14h, le soleil brille dans un ciel bleu légèrement blanchi par les nuages, une légère brise fouette nos visages, ma fille à un sourire jusqu’aux oreilles, elle m’admire.

Fière, la ficelle dans la main gauche ma fille dans la main droite nous partons.

EPILOGUE

Il est 23h15, les pompiers nous ramènent en hélicoptère à la maison. Quand j’ai expliqué mon idée à l’un des pompiers il m’a traité de « gros con ».

Ma fille pleure, ses jambes saignent à cause des ronces, elle ne veut plus me parler. Ma femme demande le divorce. Un pompier vient de me transmettre le virus.

-Pompier « chef, le con t’a miné »

Pas simple la vie de « bandit de grand chemin »

2 commentaires sur « Bandit de grand chemin »

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