Des règles de cons finalement

Mes aventures le prouvent, chaque jour est pour moi un nouveau combat.

En tentant d’être un bon citoyen, droit dans mes bottes, (souvent en tongs quand-même) en respectant les droits de chacun et les devoirs (de ma fille) que la république m’imposent.

J’ai essayé d’être un bon père, mais ma fille est à l’hôpital et ne veut plus me parler (voir article précèdent).  

Aucun ami (e(s)) n’acceptent mes invitations, impossible de savoir pourquoi.

Au travail je suis seul depuis 2 semaines.

Dans la rue, les gens me craignent tellement que quand je sors la ville est totalement déserte.

Même dans les commerces, les clients se décalent en me voyant et la caissière prend vraiment des gants avec moi.

https://la1ere.francetvinfo.fr/image/Air3DLXo4-UX9QSA86cXWYRbkUI/600x400/outremer/2020/03/24/5e79ed894f362_caisse_coronavirus-1320930.jpg
Elle encaisse bien, ma caissière.

Il était clair pour moi que je ne suivais pas la bonne voie (je suis un peu sourd), l’urgence voulait que je me remette en question rapidement et de manière radicale.

Reprendre les bases

Après moult tergiversations, je décidais que ma nouvelle bible, supplantant de manière définitive mes livres de chevets composés de « Mein Kampf  » et de « La sexualité pour les nuls », deviendrai « Les règles pour les cons finalement et les gestes barrières ».

Texte de foi simple, clair et accessible

Ô Mon dieu, je suis déjà un citoyen condamnable, suite à ma baisse de morale je suis allé au bar hier, un geste qui sonne pour moi comme un échec. Passons et considérons qu’après être un con fessé, dieu me pardonne mon péché.

Se confesser, en période de confinement? Réponse du pape - ZENIT ...

Je prends donc ma paire de lunette (j’en ai une belle paire) et épluche avec conviction, ce magnifique texte, encore plus chiant que la notice de mon stylo à bille.

Il est démocratique ce document ? Incroyable le nombre d’interdits qu’il comporte, même Hitler était un hippie, cool et libertin  à côté de ce torchon.

Lecture terminée, glaive en poche (on ne sait jamais), je décide de partir de ma nouvelle prison, en cochant ce paragraphe.

Déplacements pour effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle et des achats de première nécessité dans des établissements dont les activités demeurent autorisées (liste sur gouvernement.fr).  

Ne vous inquiétez j’ai aussi lu le fascicule sur les mesures barrières, trop fastidieuses pour les énumérer ici.

Je descends prudemment les escaliers de mon logement, tout en prenant soin de hurler à chaque passage de portes.

J’aimerais bien éviter de me retrouver nez à nez, avec la grand-mère du troisième, qui a forcément le virus depuis 10 ans quand tu vois sa gueule.

Muni de mon petit chiffon, je désinfecte chaque poignée, mains courantes et autres façades de portes. Le trajet va être long.

Finalement, je franchi la dernière porte, la Stargate de ma modeste demeure s’ouvre dans un halo de lumière.

Dialogue de sourds

Prochaine étape, le parking.

Tel une rivière infestée de crocodiles et de piranhas (j’ai toujours Indiana Jones comme modèle), je me lance désespérément dans un franchissement hasardeux. Soudainement, à l’image de l’animal sauvage sortant la bouche grand ouverte, des méandres de la rivière impétueuse, un homme tout en bleu vêtue, surgit.

D’un bond, je dégaine mon glaive et le pointe vers le moustachu qui me fait front.

Il a un air d’Hercule Poirot ce con là, pourtant il a chopé le virus l’autre jour (voir article précédent).

Et je lui lance d’un ton sobre, assuré et aussi fort que possible (pour qu’il entende avec son képi trop grand).

« Mesure barrière, veuillez respecter la distance d’un mètre monsieur l’agent, je vous prie. »

Alors là, son visage s’est transformé, j’avais l’impression que de la fumée lui sortait par les oreilles. Et il me rétorque, d’un ton sec et grave en même temps (pas bon signe ça !).

« Pièces d’identités et dérogation dûment remplie, je vous prieeeeeeeeeee ! ».

Ah je viens de comprendre, il n’a pas aimé mon « je vous prie ».

Je range mon glaive, et je récupère ma dérogation « dûment remplie », pour lui remettre.

L’homme de toute sa hauteur, bombe le torse et s’avance vers moi, dépassant sans la moindre retenue, la limite de un mètre qui m’entoure.

« Monsieur l’agent, je ne vous prie « pas » (il se fâche après le Hercule Poirot de la fonction publique), mais Svp les mesures barrières indiquent clairement, que nous devons respecter une distance de un mètre, avec autrui. »

Bon visiblement j’avais mal cerné le problème, et  l’homme à la bedaine de sumo, me jette un regard noir et rouge de colère me demande de lui « lancer », ma dérogation « dûment remplie ».

Bon citoyen que je suis (enfin j’essaye), je saisi ma dérogation et lui jette à la gueule.

De manière totalement incompréhensible, le Hercule Poirot de la fonction publique avec une bedaine de sumo habillé en bleu de travail, s’éprend d’une rage incontrôlable.

J’ai sans doute froissé sa moustache et son humeur, avec ma dérogation.

Après avoir épluché mon document, (comme s’il le voyait pour la première fois), il tend le bras pour me rendre mon précieux laissez-passer.

Comment lui dire, il va encore se fâcher, le Hercule Poirot de la fonction publique avec une bedaine de sumo habillé en bleu de travail. Il tient pourtant entre ses doigts une autorisation potentiellement contaminée.

Impossible pour moi, d’accepter le feuillet de sa peau lisse.

Je tourne les talons, déçu, triste et abattu, je retenterais peut-être ma chance à deux mains.

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